Un mantra pour en finir avec la peur de voler dodu

Après plus de 4 années à bloguer, la peur de voler dodu est une préoccupation que j’ai entendu très – trop – souvent entendu chez les femmes rondes.

Et c’est la raison pour laquelle j’ai décidé de – finalement – écrire ce billet. Pour aider à dissiper l’anxiété et les angoisses des voyageuses dodues à l’idée de prendre l’avion.

Parce que ça peut être une source réelle d’angoisse de voler quand on a notre silhouette. Mais il n’en demeure pas moins qu’il est possible de s’en sortir plutôt indemne, physiquement, mais surtout, émotionnellement. J’ai créé un petit « mantra », que vous retrouverez en fin de billet. Quelques phrases pour vous rappeler que vous avez le droit de prendre l’avion et de vouloir explorer le monde, même si vous êtes grosse !

peur de voler dodu

IMPORTANT : Ce billet n’a pas été écrit pour tenter de diminuer la valeur et l’ampleur du stress vécus par les passagères dodues. En fait, c’est tout le contraire que je veux faire. Car j’ai vu trop d’entre vous « bad tripper » – avec raison ! – à l’idée de prendre l’avion.

Sur un ton plus léger… J’ai peur des grenouilles et des élastiques. Des peurs qui semblent bien anodines et banales si on compare au sujet que j’explore aussi ! #ClinD’oeilComplice


Je n’ai jamais vraiment été angoissée à l’idée de voler. Ça ne m’a jamais vraiment fait peur, pour être honnête.

Je sais, c’est difficile à croire. Surtout quand on est bombardé de messages par les médias de masse qui nous rappelle constamment que c’est mal d’être gros(se). Si on ajoute à cela les histoires d’horreur qui s’accumulent depuis quelques mois de cas de clients mal traités (maltraités?) par les compagnies aériennes… Rien pour calmer les angoisses des personnes taille plus.

À mon tout premier vol, en 2009, j’étais déjà solidement taille plus. Je n’avais AUCUNE idée ce qui m’attendait. Aucune idée de la petitesse de l’espace et des sièges ou que les ceintures de sécurité pouvaient être trop courtes. (J’ai réalisé tout ça une fois que mon derrière fut posé dans l’avion!)

Je crois d’abord qu’il est pertinent de dire que je suis de nature plutôt optimiste.

J’étais tellement excitée à l’idée de faire mon premier voyage (destination : Nouvelle Orléans!). Quand j’ai finalement pris place à bord de l’avion (un petit Embraer Regional Jet), j’étais épuisée. Notre vol avait tellement été retardé que nous avions déjà raté notre vol de correspondance prévu à Chicago… et n’étions même pas encore parties.

peur de voler dodu flint michigan
L’agente de bord a cependant été un exemple de courtoisie dans une situation plus qu’adverse !

Oh, je vous ai raconté mes péripéties pré-embarquement ? Ma valise qui a été considérée comme « suspecte » ? Mon passage forcé dans les entrailles des douanes américaines ?

Et qu’en fin de vol, notre avion a été détourné vers Flint, Michigan, car nous étions tellement en retard qu’il était désormais impossible d’atterrir à Chicago ? (Deux heures sur le tarmac, coincée dans un petit avion, avec une seule toilette – défectueuse – pour tout le monde ? Inoubliable.)

Je vous le jure. Tout ça, c’est arrivé pour vrai. La valise suspecte, le passage aux douanes américaines et le « Je vais vous demander de me suivre, madame » (jusqu’à la pièce avec des miroirs comme dans les salles d’interrogatoires!), le retard, la correspondance ratée, le vol dérouté. Ça ne s’invente pas. Surtout lors de son premier vol.

Tout ça est arrivé le même matin. Sur le même vol.

Avec toutes ces mésaventures et la fatigue qui a fini par se pointer… je n’avais plus d’énergie pour être anxieuse ou angoisser sur le fait que j’étais une voyageuse dodue !

Depuis, je vole quelques fois par an en moyenne. Je n’ai jamais eu de mauvaises expériences jusqu’à mon voyage en Inde, au cours de l’automne 2012, au cours duquel j’ai eu droit à quelques « traumatismes » reliés à ma taille, lors de mes déplacements en avion. Rien ne s’est produit avant. Et rien après non plus. Une moyenne plutôt rassurante n’est-ce pas ?

Bien sûr, à chaque fois que c’est arrivé, je me suis sentie mal. J’ai senti qu’on me jugeait, qu’on me discriminait. Comme si le problème, c’était MOI.

Mais à chaque fois, j’ai réfléchi pour me rendre compte que ce n’est pas la taille de mon derrière le problème, mais plutôt leur attitude.

peur de voler dodu optimisteÀ chaque fois, je me suis forcée à réfléchir et à mettre l’emphase sur les belles expériences. Sur les aventures passées et à avenir. Celles qui sont prévues, mais aussi celles qui arrivent sans prévenir. J’ai choisi de penser aux beaux souvenirs qui me suivaient dans mes bagages, dans ma caméra, et dans ma mémoire.

Dépenser mon énergie sur les mauvais moments ne m’apporterait rien d’autre que de la déprime et du ressentiment.

Je vous ai déjà dit que je suis une fille plutôt optimiste… ?

Je ne trouve cependant pas moins inacceptable que les sièges des avions continuent à rapetisser dramatiquement et de façon constante. Pendant ce temps, les compagnies aériennes, les dodu(e)s et les minces, pointer un doigt accusateur les uns vers les autres, alors qu’ils continuent à faire de l’argent sur le dos des consommateurs de toute taille.


Voici donc ce « mantra » que je mentionnais en début de billet. Si ce billet arrive à aider, à rassurer ne serait-ce qu’une seule personne, je pourrai dire « mission accomplie »…

peur de voler dodu mantra

► Je refuse que quelqu’un d’autre que moi contrôle mon portefeuille .

Je ne paierai pas pour un 2e siège.
Si ceux-ci étaient d’une taille normale, cette situation ne se présenterait même pas.

► Je ne laisserai rien ni personne troubler mon bien-être mental. ◄

Je ne tolérerai pas qu’on me manque de respect.
J’ai le droit d’exister et je mérite d’être traitée avec dignité.
Avec le corps que j’ai. Comme tout être humain.

► Je refuse que mon voyage soit gâché par ce que je peux contrôler. 

Je ne laisserai pas la grossophobie – qu’elle soit volontaire ou inconsciente – ruiner mon voyage.
Je ferai de mon mieux pour contrôler mes émotions, ne serait-ce que pour mieux apprécier mes aventures.

 ► Je ne serai pas diminuée et ne laisserai pas l’intolérance et l’ignorance gagner la partie . 

Je ne laisserai pas cela gâcher mon bonheur.
Parce que mon bonheur n’a pas une valeur moindre que celui des autres.

► Je refuse que ma taille décide ce que je « devrais » faire. ◄

Mon corps ne devrait pas être le premier facteur dans la décision d’essayer quelque chose de nouveau.
Mes intérêts et mes passions guideront d’abord mes choix.

► Je n’aurai pas peur. ◄ 

Je ferai de mon mieux pour résister à la peur. Particulièrement la peur d’être jugée par les autres.
Je connais ma valeur mieux qu’une personne qui ne me connaît pas.
Surtout, je vais surmonter la peur… d’avoir peur !
J’ouvrirai grand les bras aux opportunités qui se présentent.

► Je refuse de considérer le transport aérien comme un privilège. ◄

Il s’agit d’un service pour lequel j’ai payé. Comme tous les autres passagers.
J’ai autant le droit d’être ici que quiconque a payé son billet d’avion !


Pour certaines, ce « mantra » semblera peut-être futile. Mais à en croire ce que je lis depuis des années sur le web, je suis convaincue de la pertinence de ce billet. Et puis, ça ne peut pas faire de mal d’essayer, n’est-ce pas ? Je dois avouer que, de mon côté, ce fut tout un exercice que de mettre en mots ce que je vis plutôt comme un état d’esprit ! Mais je me devais d’essayer ! Et je suis plutôt satisfaite du résultat, car ces mots collent plutôt bien à ce que je pense et à ce que je me dis pour me confirmer que je suis dans mon plein droit de vouloir voir le monde !

Comme je l’ai écrit en début de billet, je n’ai jamais vécu le même niveau d’angoisse et/ou d’anxiété que j’ai lu chez plusieurs de mes consoeurs voyageuses taille plus. Et avec le temps, ces moments de doute deviennent plus rares et moins intenses. N’est-ce pas une excellente nouvelle ?

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