Entretien avec la grossophobie de Sophie

La grossophobie de Sophie Durocher a fait la manchette, encore une fois.

Ne reculant devant rien, « La Backpackeuse taille plus » a discuté avec la grossophobie de Sophie au cours d’un entretien intimiste…


grossophobie sophie durocher

Bonjour ! Pouvez-vous vous présenter un peu pour nos lectrices et lecteurs ?

Je suis la grossophobie de Sophie Durocher. Je ne suis pas un organe à proprement parler, mais je fais partie intégrante d’elle. N’empêche, je garde son cerveau bien occupé. En jugeant constamment. En tentant d’inventer des nouvelles façons de repasser mon même message intolérant. (Faut bien se renouveler, sinon on est vite repéré…)

Je garde d’autres parties de son corps occupées aussi : la bouche qui dit mes âneries, les mains qui les écrivent…


Quel est votre plus grand accomplissement ?

C’est de moi que ça vient, le passage de l’été dernier dans lequel je citais que Monica Bellucci, Kim Kardashian et Beyoncé comme exemples de diversité corporelle ! Je confonds souvent les femmes « pear-shaped” et celles qui sont grosses, que voulez-vous…


Où étiez-vous quand Sophie Durocher parlait de diversité corporelle ?

J’étais probablement déjà là quand Sophie a parlé de ça dans son blogue du magazine Clin d’Oeil. J’ai d’ailleurs failli perdre connaissance quand elle a fait l’apologie de Melissa McCarthy. Et j’ai considéré prendre une sabbatique quand elle s’est prononcée contre le body shaming. Les temps étaients durs, je vous dis pas… J’ai vraiment eu peur de perdre ma job.

Mais bon, il faut ce qu’il faut. Sophie doit rester de toutes les tribunes. Et la diversité corporelle, c’était trendy dans ce temps-là. Je n’ai pas eu le choix que d’attendre que Sophie ait fini de jouer sa partie dans la grosse game médiatique.

Depuis qu’Ashley Graham et Tess Holliday prennent un peu trop de place dans le monde de la mode – au sens propre et au sens figuré, si vous voulez mon avis ! – et que c’est quasiment rendu cool de basher les gros… moi, la grossophobie de Sophie, je fais un retour en force ! ENFIN, je peux m’exprimer à nouveau ! I’m back !

grossophobie sophie durocher


Qu’est-ce qui vous préoccupe dans le poids des gens ?

En fait, si je capote tant, c’est parce que dans le fond… j’ai peur. Peur d’avoir fait des sacrifices pour rien au nom de la minceur.

C’est pour ça que j’apprécie uniquement les gens minces et uniformes. Surtout chez les femmes. Mais ça ne m’empêche pas de laisser dire à Sophie de temps en temps qu’elle est féministe. Comme je disais plus tôt, il faut ce qu’il faut.

Je suis d’ailleurs la raison qui fait que Sophie demeure plutôt mince. Je ne trouve pas ça juste que ça devienne OK de ne pas être filiforme, bon ! Sophie n’a pas fait tout ces sacrifices pour rien ! Si elle souffre, elle ne souffrira pas toute seule, certain ! Tout le monde doit souffrir pour atteindre les mêmes standards… ou être mis au rencart.

grossophobie sophie durocher

Pourquoi Sophie tente-t-elle parfois de cacher ses vraies couleurs ?

Je lui fait critiquer les gros plus souvent de façon ouverte que détournée, quand même… Rappelez-vous mon délire suite à mon manque d’appréciation d’une oeuvre d’art d’une artiste suédoise qui montre une grosse femme, cul en l’air ? Sophie était quand même assez claire dans sa grossophobie, cette fois-là, non ?

D’autres fois, je préfère bitcher indirectement. Je sais faire preuve de finesse quand même ! Je le fais en attaquant les choix vestimentaires d’une artiste rondelette qui gagne un prix de révélation de l’année dans un gala musical, par exemple. Elle ne s’est pas arrangée ? Ark ! Elle n’a donc pas de classe ! Zéro respect pour son public. Pour le public en général. Pour le protocole. Il faut que je le dise, que je hurle mon outrage, voyons…

Quoi ? Je lui ai fait vendre des copies de son album parce qu’on en parle partout…? Oups. J’ai raté ma shot, on dirait ! Ne mettez pas ça dans l’entrevue, OK ?

grossophobie sophie durocher

Dans tous les cas, on ne peut pas m’accuser d’être imprévisible. Mon modus operandi est pas mal toujours pareil. Je droppe ma bombe sur Twitter et je ne réponds à personne qui m’interpelle sur les médias sociaux par la suite. Je n’essaie même pas de me justifier. Pas besoin, je fais vendre de la copie au journal qui ose encore me publier !

Et puis, vous savez quoi ? J’ai le droit, MOI, de la juger cette artiste-là…


Ah oui ? Et pourquoi ? Qu’est-ce qui légitimise votre jugement ?

Sophie a déjà dit qu’elle l’aimait comme artiste. Ce précédent-là me donne un laissez-passer pour dire plein de bitcheries par la suite ! C’est pourtant évident !

Et puis, je ne juge pas son talent, juste son look. Je pense que c’est une nuance importante à faire.

Dans le fond, c’est juste du tough love. Pas de l’acharnement, voyons. Du harcèlement ? Je ne vois vraiment pas le rapport… Mais d’où les gens sortent-ils des idées pareilles ?

Il y a plein d’autres artistes qui ont des goûts vestimentaires bien ordinaires à mes yeux… mais que voulez-vous, mes yeux de grossophobe ne voient que Safia dans les galas ! Surtout quand elle gagne ! J’ai trouvé la solution : elle a juste à devenir mince. On verra moins son gros linge laid, bon.

Qu’on se le dise : une grosse, ça me dérange. Une grosse non conformiste ? C’est juste trop.

Imaginez comment je me sens devant une grosse non conformiste QUI S’ASSUME…

grossophobie sophie durocher

Imaginez comment je me sens quand je vois cette femme-là retourner au même gala l’année suivante, qu’elle est encore plus mal habillée…

Et qu’elle gagne deux trophées.

Kill. Me. Now.


Les gros(se)s seraient donc l’ennemi public numéro 1 ?

Non, quand même. Y’a des gros(se)s que je tolère. Les “good fatties”, Sophie et moi, on trouve ça acceptable. Parce que ce sont des gros(se)s qui s’excusent d’exister en tant que dodus. Eux, ils ont compris.

grossophobie sophie durocher

Ils ont compris que c’est normal de passer sa vie à faire des diètes yo-yo et de l’exercice pour espérer être digne d’un beau photoshoot avant-après. Eux, ils ont compris qu’il n’y a qu’un modèle de beauté, et que ce modèle est mince.

Être gros, être taille plus, c’est être un paria. On ne peut pas – il ne FAUT PAS – être heureux si on est corpulent. Est-ce qu’on peut enfin l’admettre ?

La vérité, c’est que la minceur, c’est le bonheur. That’s it. That’s all.


Merci, grossophobie de Sophie pour cet entretien exclusif et, ma foi, très révélateur…

Merci de m’avoir donné une voix. Félicitations pour votre beau programme… Je me sens vraiment privilégiée d’avoir pu m’exprimer comme ça, sans filtre !

J’espère que ça va éclairer vos lectrices !


Pour ça, il n’y a pas de doute…

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