Chu (encore) belle, Sophie. (Un an après.)




Il y a un an, jour pour jour, je publiais Chu belle, Sophie en réaction à un article profondément grossophobe de Sophie Durocher, paru dans le Journal de Montréal.

Il y a un an, je pognais les nerfs par l’intermédiaire de mon clavier, et je disais « ÇA SUFFIT ! ». Je crois que c’est ce jour-là que, sans m’en rendre compte sur le coup, je suis devenue plus militante.

Les 4 premières années de vie de ce blogue peuvent difficilement être considérées comme virulentes. Ce que j’ai fait de plus mordant entre 2013 et 2017 ? Dénoncer que Couch Surfing tolérait le fat bashing. Une série de billets qui est passée complètement sous silence à l’époque (en 2013). Pas exactement un big deal. Tellement pas un big deal que je vous apprends sans doute l’existence de cette épopée en 5 « tomes »… (Que je n’ai malheureusement pas encore traduite en français. #S’cusez)

La fois que je me suis pognée avec CouchSurfing…

Et puis un jour, il a fallu.

Ce jour-là, c’était le 30 juin 2017. Jour de la publication de l’article de m… de Sophie Durocher. La veille d’un week-end de 3 jours, dont le premier jour fut consacré à rédiger ma riposte… (Et les 2 autres à modérer les commentaires sur ma page Facebook !)

Ce jour-là, IL A FALLU. Fallu que je parle enfin. Fallu que j’arrête de me taire et de sourire comme une épaisse.

Fallu aussi Que je cesse d’accepter que le fait d’être grosse donnait à quiconque le voulait un laissez-passer pour me juger. Pour présumer de qui je suis, de ce que je fais et décider de ma valeur, en tant que personne.

Ce jour-là, j’ai fait le constat qu’avant d’être une grosse femme voyageuse, je suis d’abord une grosse femme, POINT. Une grosse femme, tout court.

Une grosse femme qui se fait donner du side-eye sur le banc à trois dans l’autobus. À qui on a déjà fait des commentaires sur son panier d’épicerie au IGA.

Une grosse femme qui, pour beaucoup, est une catastrophe de santé publique. (Ce n’est pas le cas.)

Une grosse qui n’a jamais fait de sport de sa vie. Cette même grosse femme à qui on a déjà demandé, alors qu’elle était en plein jogging, si elle était inscrite à Biggest Loser. (Je vous jure, c’est arrivé pour vrai. Mai 2014, coin Amherst et Maisonneuve.)


Post-mortem

Un an après, je dis (ironiquement) : merci pour ce beau sacrifice, Sophie.

Il y a désormais un « avant-l’article-grossophobe-de-Sophie » et un « après-l’article-grossophobe-de-Sophie ». Tu as marqué l’arrivée d’une nouvelle ère dans la lutte à la discrimination contre les gros(ses) au Québec. L’an 1 de la lutte contre la grossophobie est arrivé le jour où tu as avoué publiquement qu’on t’écoeure. #Complimarde

Merci d’avoir créé ce point de non-retour. Certes, tu n’as fait que dire tout haut ce que beaucoup pensent en silence. MAIS SURTOUT… tu nous a donné à nous, les grosses et les gros, la plus belle des occasions d’y réagir. (On est nombreux à l’avoir fait, d’ailleurs…)

Sophie, tu nous as donné la plus belle des excuses de dénoncer la grossophobie ambiante, et tu nous l’a servie sur un plateau d’argent, dans le Journal de Montréal. (Qui, en passant, a publié à deux reprises, des articles sur mon « Manuel des routards taille plus ». Avoue que ca te gosse…) 

Malgré cette année qui est passée… Malgré Mariana Mazza dont tu dois être si fière. Malgré le sable qui a pas mal (trop) retombé…

Je (on) n’oublie pas. Faudrait pas que tu l’oublie, toi non plus. Même si t’es pas d’accord…

Chu (encore) belle Sophie. 




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