#GrosseRésistance




résister à la grossophobie

(Billet en réaction et en soutien à un récent texte sur la grossophobie de la – merveilleuse, brillante, sublime et out of this world parfaite – blogueuse Dix Octobre.)


En fait, c’est une réaction à un commentaire qui l’accusait de shamer et de mettre une pression indue sur les personnes grosses voulant maigrir dans l’unique but de bénéficier du thin privilege et/ou de s’extirper de la pression que la grossophobie exerce sur les personnes grosses…

Autrement dit, une réaction m’a inspiré une… réaction ? (On appelle ça comment, une réaction à une réaction au juste ?) #JamaisFaitDeChimie

Feeling de déjà vu ? Il est fort possible que vous ayez lu un truc qui ressemble pas mal à ceci sur ma page Facebook. Votre mémoire ne vous joue pas de tour… ! Un statut Facebook ayant une durée de « vie » (visibilité) moyenne d’environ 5 heures et un billet de blogue, environ 2 ans… je me suis dit que ça ferait pas de tort « d’archiver » ça ici.


Mise en contexte (au cas où)…

C’est très résumé, mais en gros, le billet de Gabrielle (a.k.a. Dix Octobre) est à l’effet que la perte de poids intentionnelle dans le but UNIQUE d’être plus mince relève de la grossophobie. (En passant, c’est vrai.)


La grossophobie est un problème sociétal avant d’être une question personnelle.

Grossophobie : ensemble des attitudes et des comportements hostiles qui stigmatisent et discriminent les personnes grosses, en surpoids ou obèses.

Personne ne naît grossophobe. On le devient, généralement malgré soi, à cause des messages dont on nous bombarde constamment. On l’est presque toutes / tous, à différents niveaux d’intensité et d’internalisation. Même Dix Octobre l’est. Elle écrit régulièrement qu’elle deal encore avec des flashbacks du « brainwash » anti-gros qu’on nous sert quotidiennement. (Même chose pour moi.)

Entendons-nous : on parle ici d’une personne qui finirait par faire le choix volontaire et intentionnel (car ce sont là les mots-clés) de maigrir.


La cause ? La pression sociale sur les grosses personnes, partie intégrante de la grossophobie.

Cette personne a clairement vécu une pression, une stigmatisation immense avant de « céder ». Comme toute personne qui ferait des changements importants à son image, son corps, etc. par désir de s’évader d’une oppression et/ou de bénéficier d’un privilège.

Parce que oui, des fois, faut payer le loyer.

Survivre.

Faire un geste d’auto-préservation mentale.

Et que maigrir peut en faire partie.

résister à la grossophobie


Est-ce que maigrir volontairement dans le but d’être plus mince / léger et pour se donner un break de la société est de la grossophobie ?

Oui. Puisque qu’en soi, c’est céder à une pression sociale (pression qui demeure néanmoins dégueulasse). Est-ce que c’est profondément triste de devoir en arriver à ça ? Oui encore, surtout quand on sait que c’est rarement un changement permanent (i.e. un échec dans la majorité des cas).

Comme dans toutes les formes d’oppression, il y a des gens qui des fois n’en peuvent plus et se « conforment ». C’est tout à fait explicable, quand on connaît ladite pression. Ça reste quand même que c’est un geste en ligne avec la pression – dans ce cas-ci, la grossophobie – ambiante.

Donc, oui, maigrir dans « Une démarche dont l’objectif est de peser moins ou de rentrer dans des vêtements plus petits, au cours de laquelle on pose des gestes à cet effet. » tel qu’écrit dans le texte de Dix Octobre est un geste grossophobe.

Compréhensible, certes. Mais grossophobe PAREIL.


Également, comme dans toutes les formes d’oppression, il y a des gens qui RÉSISTENT et refusent de se conformer.

Pour lutter et, éventuellement, éliminer cette oppression qu’est la grossophobie. Pour TOUT le monde.

Certes, ce n’est pas tout le monde qui est capable de le faire de façon soutenue et définitive. C’est très difficile et stigmatisant. (Vous n’avez pas idée. En fait, probablement oui, si vous lisez moindrement les commentaires sous les publications anti-grossophobie sur les médias sociaux…)

On se fait traiter de frustré(e)s de revendiquer notre droit au respect unilatéral. On nous considère comme des fardeaux de la société. (Ah, la so-called santé.) On fait rire de soi. On se fait écoeurer, intimider parce qu’on prend la parole pour réclamer la fin de la grossophobie, comme Dix Octobre et moi le faisons quand on nous en offre la chance.

Bien sûr, on ne peut pas blâmer quelqu’un de ne pas être capable de « tougher la run » éternellement.

Ça arrive – et ça s’explique – de céder à cette pression. Je me questionne régulièrement pourquoi je continue à militer quand je me fais rentrer dedans gratuitement. Gabrielle le fait sûrement aussi. C’est rough sur la santé mentale, je vous jure.

Ne vous méprenez pas. Je n’ai aucun doute sur la légitimité de la lutte à la grossophobie. (Et Gabrielle aussi !) Je crois fermement en cette cause. Mais à force de se faire violemment varloper, y’a de quoi se demander si ça vaut la peine de se sacrifier comme ça.


Mais il n’en demeure pas moins que de refuser de maigrir / rester gros pour « faire plaisir » à la société peut être un geste de résistance.

In a society that profits from your self doubt liking yourself is a rebellious act.
(Dans une société qui tire profit de nos insécurités, savoir s’aimer relève de la rébellion.)
-Caroline Caldwell

Un choix qui n’est pas à la portée de toutes et tous, pour différentes raisons et avec différents niveaux de validité, mais un geste de résistance quand même lorsqu’effectué activement et consciemment.

Le genre de geste que l’on fait individuellement, certes. Mais qui peut avoir des conséquences au-delà de nos petites personnes. (Allô Sophie.)

Un choix qui peut être lourd (sans mauvais jeu de mots) en stigmatisation et en rejet, mais qui remet à la face du monde que les standards de beauté occidentaux sont aussi irréalistes que nocifs.

Un geste de #GrosseRésistance.




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